Les petites voitures et les voitures à coffre sont en Europe occidentale difficilement combinables. Seuls cinq pour cent du segment sont livrés en berline. Mais une fois franchi les frontières européennes, on observe un phénomène complètement différent. Près de deux tiers des petites voitures sont aussi des voitures à coffre. Et leur tout nouveau représentant est : la Fiat Linea.
Berline dérivée de la Grande Punto, la Linea présente elle aussi des lignes douces
et galbées, de grands phares et un avant imposant : le nouveau visage de la Fiat est désormais intégré
dans le modèle plus grand, la Bravo. L'aspect arrière de cette Italienne conçue dans le Centro Stile
Fiat est harmonieux, presque élégant. De grands phares rouges et blancs ornent l'arrière qui peut être
lui aussi raffiné sur une petite voiture à coffre.
Italiano-turque
Néanmoins,
ce n'est pas en Italie que la nouvelle Fiat est fabriquée mais en Turquie. Pour le moment. De l'association
avec les Italiens et la Holding turque Koç a vu le jour la société Tofas A.S. qui souhaite produire
60 000 Linea par an dans l’usine de Bursa. D’autres ateliers de production devraient suivre à l’avenir
au Brésil, en Inde, en Chine et en Russie : tous marchés cibles de la Linea.
On
comprend très vite: la Fiat Linea n’est pas une voiture européenne et certainement pas une voiture allemande.
Pas plus de 1 000 véhicules considérés comme bons sont vendus en Allemagne. Toute personne ayant les
mêmes exigences que nous qui s'approche de la petite berline d'un peu trop près sera déçue. Le groupe
cible a d'autres conceptions.
Désert de plastique
Allons
voir l'intérieur de plus près. Alors que la Linea de 4,56 mètres de long révèle un aspect extérieur
élégant et raffiné, l'intérieur peut être quant à lui qualifié de désert de plastique. La finition est
qui plus est mauvaise. Les fentes ne sont pas seulement grosses, elles sont aussi irrégulières. Notre
voiture d’essai était flambant neuve, le compteur affichait quatre kilomètres. Nous avions tout de même
l'impression que les matériaux étaient usés.
De même
pour les sièges à l'aspect raffiné: alors que le conducteur est parfaitement bien installé, les passagers
doivent s’asseoir sur les « place bon marché ». A cause du manque d'espace libre pour la tête à l'arrière,
les personnes de plus de 1,80 mètres ne peuvent y prendre place et le siège avant passager doux est
lui aussi guère confortable.
Trois variantes de moteur
Fiat
propose un moteur diesel 1,3 litres d’une puissance de 90 CV qui est le seul moteur automatique disponible.
Est également proposé un moteur Otto 1,4 litres disponible soit avec 77 CV, soit en version suralimentée
avec 120 chevaux. Les deux modèles à essence ne sont disponibles qu'avec une boîte à cinq vitesses imprécise.
Tout
aussi imprécis, Fiat le qualifie d'axé sur le confort, le châssis de la Turbo Linea que nous avons testée.
Il absorbe certes les aspérités de la chaussée mais les rebondissements de la voiture sont signe de
mauvaise adhérence à la route et nuit à la dynamique de conduite. De même, la direction indirecte implique
une allure plus lente.
Peu d’élan
Malgré
la suralimentation, le moteur est tout sauf nerveux. Les 120 CV sont difficiles à sentir et le moteur
a tendance à tourner rapidement. Mais prenez garde: la Linea n'a pas de limitateur de vitesse et il
n'y a même pas de zone rouge sur le régulateur de vitesse. A env. 4 000 tours, le moteur fonctionne
correctement et parvient à faire rouler la Fiat de 1280 kg assez rapidement.
En
résumé, la Linea n’a aucun argument d’achat. Même si son prix n'est pas très élevé (env. 13 000 euros),
le marché propose d’autres modèles plus avantageux. De plus, l’équipement en série n’a rien de magnifique.
Mais comme nous l’avons dit auparavant: les Allemands placent la barre très haut. Dans d'autres pays,
on peut avoir avec la Linea du luxe à un prix avantageux car les exigences y sont bien moins élevées
et la concurrence elle aussi propose des produits de moins bonne qualité.
Conclusion
La
Linea est réussie, si on la voit à travers les yeux d’un extra-européen. La petite italienne qui n’arrive
pas à la cheville du concurrent absolu de Fiat, la Jetta de VW, n’est pas à la hauteur des critères
élevés des Allemands. Une version spécialement conçue pour le marché européen n’est pas prévue pour
le moment. Ainsi, l’objectif d’en voir circuler 1000 exemplaires en Allemagne semble bien difficile
à atteindre.
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